Introduction
. Avant de soulever
le trophée (car la France sera championne du monde, au cas ou vous ne
seriez pas au courant), il faudra à nos Bleus se dépêtrer de nombreux
adversaires, et ce dès le premier tour de la compétition, où 3 nations
nous sont opposées.
Subissent-elles aussi des scandales
écologiques dont nous n’aurions pas vent en France ? Quel genre
d’initiative pourrait montrer la voie à suivre en matière d’écologie ?
Et, question subsidiaire: quel rapport entretient le pays avec l’animal
qui le symbolise ? Nous vous proposerons pour les prochains jours
précédant l’ouverture du Mondial un coup de projecteur sur chacun des adversaires des Bleus. Deuxième adversaire de l’équipe de France observé aujourd’hui avec le Mexique.
1. Des scandales écolo, comme partout.
Un
scandale qui n’en est pas vraiment un, c’est Mexico et sa métropole de
20 millions d’habitants. Les millions de voitures qui y circulent en
font l’une des villes des plus polluées de la planète, si ce n’est la
plus polluée. En 2008, à elle seule, Mexico a été responsable de 1,5%
des émissions de gaz à effet de serre. Effarant.
Mais LE
scandale écologique mexicain est bizarrement assez méconnu. Ce n’est
pas l’Amoco Cadiz (même si ça sonne bien mexicain) en 1978. Non. Il
s’agit de l’Ixtoc I, en 1979. Ca ne vous dit rien ? Pas étonnant. Il
s’agit pourtant de la seconde plus grande catastrophe pétrolière de
l’Histoire (la première datant de 1992, quand l’armée irakienne a
déversé volontairement des millions de litres de pétrole dans le golfe
persique pour bloquer les soldats américains). Dans le golfe du Mexique
(côté Atlantique du pays, donc), la compagnie nationale PeMex forait
une nappe de pétrole sous-marine. Pour une raison inconnue, le pétrole
se mit à jaillir violemment, détruisant la plate-forme qui l’exploitait
pour se répandre dans l’océan (tiens, tiens.. ça ne vous rappelle rien
?). Jusqu’à 30 000 barils de brut se répandirent quotidiennement dans
l’océan pendant 9 mois. 1 500 000 tonnes en tout selon les estimations
les plus pessimistes. Ca fait beaucoup.
2. La voie à suivre ?
L’espoir
d’un nouvel ordre écologique mondial sera bientôt symbolisé par le
Mexique et sa capitale, Mexico. En effet, après l’échec de la
conférence de Copenhague en décembre 2009, la 16ème conférence des
Nations-Unies aura lieu dans la capitale mexicaine du 29 novembre au 10
décembre 2010. Prévu à l’origine pour finaliser l’accord international
qui aurait dû intervenir à l’issue du sommet de Copenhague, ce
rendez-vous en terre aztèque sera finalement un lieu de reprise des
négociations.
Le Mexique compte sur son statut de pays
"intermédiaire" entre les pays pauvres et les pays développés pour
rapprocher les positions de ceux-ci. Sa position géographique entre des
Etats-Unis tout puissants et une Amérique du Sud inégalement développée
pourrait aussi être un des moteurs des négociations. Quant à ce que
subissent aujourd’hui les Etats-Unis avec la marée noire en Louisiane,
cela pourrait encourager l’administration Obama à s’engager de façon
plus claire en faveur de l’environnement en acceptant de signer des
accords contraignants.
Pour l’écologie, en 2010, "espoir" rimera avec "Mexico".
3. L’aigle royal, symbole du Mexique.
Sur
les armoiries du pays figurent un aigle perché sur une branche de
figuier dévorant un serpent. Selon une légende, la tribu des Aztèques
errait dans le désert à la recherche du meilleur endroit pour
s’installer (quand elle ne massacrait pas des populations pour les
offrir à leur Dieu). Leur Dieu, justement, leur avait ordonné de
s’installer là où ils trouveraient un aigle mangeant un serpent au
sommet d’un figuier. Deux cens ans d’errance plus tard (bonjour les
coups de soleil…), ils trouvèrent l’aigle et installèrent leur
capitale : Tenochtitlan. Le symbole de l’aigle a donc survécu à travers
les âges au point d’apparaître aujourd’hui sur les maillots de la
sélection qui représentera le pays à la Coupe du Monde.
L’aigle
royal (puisque c’est de cette espèce particulière qu’il s’agit) est
présent aussi bien en Eurasie qu’en Amérique du Nord, et la plus grande
population de cet animal est localisée au sud du comté d’Alameda en
Californie, à la frontière du Mexique. Si autrefois l’animal était
plutôt présent en Europe, sa population a diminué et ses principales
zones d’habitats sont localisées dans les Apennins, les Alpes et les
Carpates.
Sur le continent américain, la situation n’est pas
aussi grave, mais l’aigle royal a beaucoup souffert de l’activité
humaine. Dès le XIXème siècle, l’industrie a pollué l’environnement, et
les aigles royaux ont souffert des métaux lourds déposés ici et là par
les hommes. Et au début du XXème siècle, ce sont les contacts avec les
fils électriques rudimentaires qui, bizarrement, contribuaient à une
extinction progressive mais certaine de l’animal. Aujourd’hui,
revirement de situation puisque les métaux lourds sont censés être
moins nombreux et que les fils électrique ne sont plus "à nu". En plus
de ça, les aigles vivent souvent dans des parcs nationaux, et les USA
en ont fait un animal protégé. Touche pas à mon pote.
Espérons tout de même que l’aigle mexicain se fasse plumer par le coq gaulois.
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